Madame Sutour, née en 1920


Mme Sutour

"J'ai été cuisinée, interrogée, mais je n'ai jamais rien dit"
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Mme Alice Sutour est né en 1920, dans l’Aveyron. À 6 ans, elle rejoint des membres de sa famille à Sète ; l’air iodé est alors le seul médicament viable pour la guérir de la coqueluche qui la frappe. Elle qui parle l’occitan, et se retrouve surnommée « la gavachoune » à l’école. Elle passe les épreuves avec succès mais se voit refuser l’entrée en formation d’enseignante, la guerre approchant.

Elle fait alors ses preuves dans le domaine du commerce, travaille d’abord à l’Arsenal (au Transit du Ravitaillement  Général) puis devient secrétaire attitrée du Commandant Jules-Etienne Bazot, ce dernier étant résistant. A l’Arsenal, elle rencontre en 1941, un aviateur de l’armée dont l’avion a été abattu quelques semaines plus tôt. Ils se marièrent au bout de quelques mois, en septembre de cette même année, pour ne plus subir la pression familiale et les préoccupations grandissantes liées au conflit mondial.

Du tissu pour les costumes est alors acheté au marché noir, faute de coupons prêtés par les proches en nombres suffisants. Le marchand italien étant de mèche avec le pouvoir, ses fonctions auprès du commandant attirant l’attention, elle fera l’objet d’une enquête qui, encore aujourd’hui, la hante profondément. Elle obtiendra finalement une des dernières autorisations de sortie du territoire pour rejoindre son mari, depuis Marseille en direction d’Oujda, au Maroc et échappera de peu aux camps. Elle y passera le restant de la guerre et accouchera de son premier fils en 1943.

Toujours poursuivie par « la peur du gendarme », elle a relatée à ses enfants et petits enfants son parcours, dans un livret sobrement intitulée « La Gavauchoune« . De cette histoire, elle en tirera sa devise : « Je fais mon devoir, fais le tien ! ».

Graphistolé avec par FONK de La Jungle